Exposition René Magritte, la trahison des images : pensées à l’aire libre

Ce temps morose attaque votre moral de chef scout ? Votre mélanine a plié bagage après un travail acharné sur votre bronzage de juillettiste (à moins qu’il ne soit aoûtien…) ? Bougez vous ! C’est le moment d’aller vous aérer l’esprit et la philosophie en vous enfermant cernés par les œuvres d’art de René Magritte au Centre Pompidou.

Inutile de s’attendre à une critique acérée des tableaux de l’artiste peintre belge, autant vous dire que je m’y connais plus en point de croix qu’en aquarelle et peinture à l’huile. Par contre, mon BAC+31 en humanité m’a permis de jouir avec fantaisie de ma dernière visite dans cet antre fantasmagorique.

Le peu d’expériences artistiques que j’ai vécu au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou m’ayant pleinement convaincue (Roy Liechtenstein fût un enchantement pour les yeux, l’esprit et le cœur en 2013), c’est avec un plaisir non dissimulé que j’y suis retournée pour découvrir Magritte, peintre surréaliste dont la seule connaissance que j’avais se résumait à d’éparses allusions dans L’Affaire Thomas Crown, le remake pas si dégueu (comme je le disais sur Vodkaster il y a longtemps) réalisé par John MacTiernan en 1999.

Fil rouge de l’exposition, l’intense attrait de Magritte pour la philosophie et les ambivalences. Exprimant nos paradoxes permanents en détournant les objets de leurs usages, il dénonce avec poésie l’hypocrisie d’une peinture réaliste en sublimant la subjectivité de notre perception du monde, rappelant à notre souvenir le mythe de la caverne de Platon entre autres concepts traditionalistes par la même occasion. Mais il se met en opposition farouche à un mouvement surréaliste parisien du XXème siècle qui ne jure que par la puissance des mots et met la poésie supérieure à toutes les autres formes d’art de leur temps.

Magritte nous fait rire, sourire, jouer à deviner ce qu’il peut cacher de si merveilleux derrière ses sujets de création. Des draps sur des amoureux en plein baiser fougueux (Les Amants – 1928), un verre d’eau sur un parapluie (Les Vacances de Hegel – 1958) jusqu’à ses plus connus coups de pinceaux tels que Ceci n’est pas une pipe (1929), tout au long de l’exploration, nous voguons sur des ondes oniriques, bercés par une myriade de questions philosophiques. Et chaque tableau pose une problématique scientisée dont il nous faut nous inspirer.

On lui reconnaît une appétence quasi-obsessionnelle pour les rideaux, les ombres, le corps de la femme entre autres choses mais surtout un besoin remarquable de compenser le manque d’ambition de ses congénères en matière de compréhension de l’autre. A travers ses toiles, Magritte communique, interroge, questionne et réfléchit à voix haute. Il nous donne à penser de l’autre côté du miroir à la croyance prétentieuse que nous sommes des incompris esseulés en marquant son unicité sans complaisance ni couper le lien.

En somme, cette exposition sereinise par la touchante honnêteté qu’elle dégage. « Il fallait que je découvre, moi-même, que la pensée, c’est la seule lumière », écrit-il en 1954. Magritte nous offre les clés de sa mécanique sans jamais se prétendre dominant. Et c’est ce qu’il y a de plus plaisant dans la visite des méandres de son esprit artistique. L’étrange ressemblance à cette quête de proximité que l’on croit, à tort, exclusivement contemporaine est en vrai plus. L’autre ne nous comprend pas. A travers le temps et ses toiles, le peintre nous communique sa méthode pour trouver d’hypnotiques solutions poétiques à cet intemporel constat.

René Magritte – La trahison des images. Du 21 septembre 2016 – 23 janvier 2017 de 11h00 à 21h00 ou de 11h00 à 23h00, galerie 2 – Centre Pompidou, Paris
Plus de détails sur le site du Centre Pompidou. Et vous pouvez écouter l’expo via l’application du Centre Pompidou ! 
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