La maison des citoyens, alternative pour 2017 ?

Diffusé en Prime Time sur TF1 jeudi dernier, le premier débat des primaires à droite sonne le véritable démarrage de nos élections présidentielles. Pour beaucoup, c’est un revival piquant du devoir de vote contre des gens et non pour des idées, la fiction politique de trop. Face à ce manque d’options, des initiatives citoyennes fleurissent, en quête d’autres solutions.

« On va se conduire en gens responsables. Comme des gens biens, des bienveillants efficaces. » Voilà en gros résumé le pitch de départ du mouvement d’Alexandre Jardin La maison des citoyens . Le 2 août dernier, une vidéo diffusée sur sa page Facebook et quelques 680 000 vues plus tard, le cinéaste et écrivain français décide de lancer son ONG dans l’optique de « compter ceux qui ne comptent plus ». Son objectif, lutter contre « la centralisation neutralisante du législatif« en redonnant le pouvoir aux citoyens et aux élus locaux. Candide homme de lettre ? Peut-être pas tant que cela.

« 400 ans d’une verticalité française obsolète »

Pendant qu’outre-Atlantique, on célèbre le terme de huit ans d’une gouvernance (imparfaite mais) classe d’un Obama à la hauteur de sa fonction, quelques Tweets d’une ex-première dame meurtrie évoquant des SMS de 2008 font la une de notre PQN* et Jean Luc Mélenchon déguste du quinoa bio en énumérant les bienfaits de ce dernier pour son intestin grêle. En bref, nos politiques, ces « diseux » dixit Alexandre Jardin, entament leurs campagnes électorales, montrent avec démagogie qu’ils sont à même de nous représenter, nous, les citoyens du monde moderne qu’ils souhaitent régir sans ambition déloyale ni ténu plaisir. Gênant.

L’événement phare du printemps prochain dérange. Pour oublier cette fatale échéance, nous préférons croiser le fer sur des terrains rincés (l’IVG ? sérieusement ?!) ou montrer du doigt encore et toujours le même bouc émissaire dans une cité ou sur une plage. Un flou artistique s’est emparé de notre politique. Pire, nous n’y comprenons rien ou ne comprenons plus. Choisir un nom, un camp avec ou sans conviction et qu’importe l’incohérence du débat social, voilà un statu quo somme toute avantageux pour les hautes sphères, beaucoup moins pour nous, petits français moyens, légers, pauvres et/ou raffinés.

Les « faiseux », citoyens acteurs, engagés, responsables.

La maison des citoyens se veut apolitique et s’applique à revenir à l’essentiel : « l’humain, la bienveillance et la compassion au sein de la communauté. » Il s’agit de « ne plus contraindre chacun à un alignement gauche-droite désuet » en déployant « un mouvement citoyen rassembleur pour ne plus subir l’appareil décisionnaire vertical ».  Et d’opter pour le respect de la mixité sociale, des différences : « Qu’on soit laïc, catholique, à gauche, à droite, qu’importe. A la fin de l’année, nous verrons combien nous serons. »  Parce que des comptes, Alexandre Jardin en a déjà faits. 10% des français en âge de le pouvoir ont élu ceux qui nous gouvernent depuis 2012. 90% ont voté autrement, ont choisi le blanc ou le silence. Comme si cela faisait une différence.

Fort de son engagement dans la vie associative depuis de nombreuses années, l’auteur se pose en rassembleur et non en meneur de troupes. Plus qu’une décision prise, c’est le fait de prendre cette dernière, le positionnement d’acteur de ceux qui se disent aimant voter, la démocratie et les mouvements de foule positifs qui lui importent. Optimiste, il expose son ambitieuse démocratie citoyenne sur les plateaux TV avec passion, refusant son rôle de témoin sidéré par la vacuité du système en place, niant toute volonté de sa part de s’imposer en leader ou de rejoindre les rangs des politiques, ces « gens qui savaient » avant.

Et manifestement, son discours plait à plus qu’une poignée. En quelques semaines seulement, presque 150 Maisons des citoyens ont été créées spontanément aux quatre coins de la France. Plus de 30 000 personnes ont ajouté leur +1 sur le site avant même que « des actions concrètes » ne commencent. A la clé, aucune promesse de création d’un réel parti politique mais des réalisations nationales « d’intérêt général » orchestrées par ces nouvelles maisons territoriales. Des réunions IRL** s’organisent, des solutions sont données à ceux qui n’ont pas Internet pour « n’oublier personne ».
« Un outil de liberté dans un esprit de joie », La maison des citoyens d’Alexandre Jardin réclame une Démocratie à l’image d’un peuple qui, à n’en plus douter, ne se sent plus représenté par ceux qui le gouvernent.

http://www.lamaisondescitoyens.fr/

 

 

*Presse Quotidienne Nationale
**In Real Life, dans la vie réelle.

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