Si je résume

J’ai longtemps cherché une bonne raison d’écrire. Pour ne pas décevoir, ne pas me vautrer dans l’égotisme qui engloutit, ne pas souffrir. Je n’ai pas la démesure d’Elon Musk, le talent oratoire de Simone Veil, le génie d’Orson Welles. J’ai néanmoins des yeux pour voir, des doigts pour sentir, des jambes pour courir, du sommeil pour rêver.

Voilà quelques années que je suis en quête de mes valeurs. Je ne présage de rien, ne cherche qu’à constater, sans prétention aucune ni ambition d’exprimer une invulnérable vérité. Enfin j’essaie, par tous les moyens et depuis longtemps déjà, de ne pas trop juger.

Je suis simple témoin de ce présent historique. Aussi j’ai constaté qu’à plusieurs, on est plus forts, que la solidarité rend humble, valeureux et vivant. On cherche désespérément à croire en quelque chose au lieu de croire en nous. On se garde bien, sous un prétexte individualiste ridicule, de faire profiter au monde, à notre génération, même à nos cercles les plus proches nos chemins de réflexion. C’est là tout notre tort, la prétention humaine dans toute sa splendeur, celle qui nous pousse à croire que nous nous en sortons mieux solo, dans un univers tristement binaire et simplifié par un ordre sociétal débordé et trop souvent abusif.

Je crois en la notion de partage de connaissances, d’expériences, en l’enrichissement de chacun par la pensée, le débat, les questionnements des plus simples aux plus alambiqués. Elles se nichent là mes valeurs. Vouloir transmettre car l’ébat intellectuel se joue en place publique sans que cela ne nous coûte rien alors que cela vaut tout. Les idées s’imbriquent, se superposent, se confondent, se lorgnent, vont parfois même jusqu’à se fondre, pondre ou évoluer. La convergence des sphères permet l’émergence des sciences au sein des contes de fée, explique la résilience par la télé-réalité, valorise le contenu social sédimenté par la série télévisée.
Voilà le pourquoi, voilà la raison. Je prends le partie d’une humanité aux lèvres exsangues, essoufflée et haletante mais encore et toujours en vie. Pleine de défauts et constante apprentie.

  • Je suis optimiste. Mais pas au point de m’imaginer changer le monde du haut de mes trois pommes.
  • Je suis volontaire. Mais il me faut quatre ans pour arrêter de fumer et j’ai encore l’indécence de clamer mon indépendance.
  • Je suis déterminée. Mais jamais au point de mettre ma santé, mon mental, ma morale en ligne de compte.
  • J’ai de l’ambition. Mais me refuse à écraser les autres.
  • J’aime les gens. Mais ne pardonne pas facilement à ceux qui ont (vainement) essayé de m’abattre.
  • Je crois en ma bonne étoile. Mais pas au point de me jeter dans le vide interstellaire pour le rejoindre.
  • J’apprends la confiance en soi tous les jours. Mais souffre tous les jours de ne pas apprendre assez vite.
  • Je suis forte. Mais pas assez pour ne jamais me sentir blessée par celui/celle qui me rabaissera pour l’infime instant où il croira se sentir moins petit.
  • Je suis humaniste, bienveillante et terriblement libertaire. Mais il m’arrive d’être misandre et misogyne, parfois les deux en même temps.

On ne peut pas être compris, apprécié, aimé de tout le monde mais on se doit à nous-même de toujours être ouvert au débat avec qui que ce soit. Et d’avancer, petit à petit, vers une pensée plus téméraire.

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